ADEN, 10 octobre (Reuters) – Une voiture piégée visant le convoi du gouverneur a secoué dimanche la ville portuaire d’Aden, dans le sud du Yémen, tuant au moins six personnes et en blessant sept, a déclaré le ministre de l’Information sur Twitter.
Le gouverneur Ahmed Lamlas et le ministre de l’Agriculture Salem al-Suqatri, tous deux membres d’un groupe séparatiste du sud, ont survécu à une « tentative d’assassinat terroriste », a indiqué l’agence de presse d’Etat.
L’attaché de presse du gouverneur et son photographe, le chef de son service de sécurité et un quatrième compagnon ainsi qu’un passant civil ont été tués dans l’attaque, a indiqué une source gouvernementale locale.
Un corps recouvert d’une couverture gisait dans la rue à côté d’un véhicule calciné dans le district d’al-Tawahi, qui abrite le siège du Conseil séparatiste de transition du Sud (STC). Les pompiers et la police ont été déployés sur place.
Lamlas est le secrétaire général du STC, qui a rivalisé avec le gouvernement soutenu par l’Arabie saoudite pour le contrôle d’Aden et du sud du Yémen. STC a également connu des querelles internes dans ses rangs. Lire la suite
Des policiers et des pompiers travaillent sur les lieux d’une explosion à Aden, au Yémen, le 10 octobre 2021. REUTERS/Fawaz Salman
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Il n’y a pas eu de revendication immédiate de responsabilité. Le porte-parole du STC, Ali Al-Kathiri, a accusé les groupes militants islamistes.
Le ministre de l’Information, Moammar Al-Eryani, a déclaré que l’attaque visait à déstabiliser les zones contrôlées par le gouvernement et a souligné la nécessité de mettre pleinement en œuvre un pacte négocié par les Saoudiens visant à mettre fin à une lutte pour le pouvoir dans le sud.
Le gouvernement et le STC sont des alliés nominaux dans le cadre d’une coalition dirigée par l’Arabie saoudite qui combat le mouvement Houthi aligné sur l’Iran.
Les tensions ont couvé à la suite d’un accord qui a vu la formation d’un nouveau cabinet comprenant des membres du STC. Un redéploiement prévu des troupes des deux côtés à l’extérieur d’Aden ne s’est pas encore concrétisé.
L’instabilité dans le sud complique les efforts de paix menés par les Nations Unies pour mettre fin à la guerre au Yémen, qui a tué des dizaines de milliers de personnes et laissé 80 % de la population dans le besoin.
La coalition est intervenue au Yémen en mars 2015 après que les Houthis ont renversé le gouvernement de la capitale Sanaa, l’obligeant à se rebaser dans le sud. Les Houthis détiennent la majeure partie du nord.
Reportage de Reyam Mokhashef et de l’équipe du Yémen ; écrit par Ghaida Ghantous; édité par David Goodman et Jason Neely
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